"- Fonce ma fille, me dis-je, c'est une occasion unique. Il s'intéresse à toi, fonce. Va chercher ce qui te manque.
Je m’embarque sans réfléchir dans cette relation qui me marquera à vie. Je me retrouve ainsi un soir, au volant de ma clio blanche première génération garée sur le parking de la fac, Arnaud assis
côté passager, la main dans mes cheveux, me sussurant des mots doux à l’oreille. Quand je vois passer une de mes copines de fac devant moi, le regard
éberlué, je ressens un malaise immédiat. La sensation étrange de fauter, de ne pas être avec la bonne personne au bon moment. Le politiquement correct tente de l’emporter sur l’irrationalité de
ma démarche mais ma volonté tenace de rentrer dans le rang des initiés prend le dessus. Je persiste et je signe. Je porte ma virginité et mon inexpérience, à vingt ans passés, comme un fardeau
indésirable. Je cherche à m’en débarasser au plus vite, gagner en assurance, ne plus me sentir étrange et étrangère.
Nous nous voyons épisodiquement avec Arnaud. Il est fantasque, spécial et macho. Je me fais à lui comme on se fait à une mauvaise habitude. J’apprends le flirt, l’art d’embrasser, les soirées pizzas devant la télé. J’apprends la vie, mais avec la mauvaise personne. Peu importe, je m’habitue à son odeur, sa golf rouge, ses manières. Tel un caméléon, je m’oublie pour lui plaire, me faisant douce et aimante. Je me fais prendre à mon propre jeu. Nos baisers sont ardents et d’une rare intensité. Je me surprends à les aimer. Cette façon qu’il a d’entortiller sa langue autour de la mienne, j’avoue n’avoir jamais eu autant de plaisir à embrasser quelqu’un. Ses baisers amènent à autre chose. Sa langue intelligente réveille alors les fourmis endormies depuis longtemps et trace un chemin brulant entre mes jambes. Les soirées se succèdent et nos étreintes se resserrent. Mon corps lance des appels désespérés à son corps posé sur moi. Ma langue l’enlace avec plus de vigueur chaque jour. Et un soir, n’en pouvant plus de ces fourmis répandues sur moi, je lui lance à l’oreille « Passons à autre chose, j’en ai envie ». Il ne répond pas, continuant à m’embrasser férocement. Jamais il n’a l’idée de me déshabiller ou de passer sa main à travers mes vêtements. Son inertie me sidère et m’irrite. J’insiste maladroitement : « Peut-être qu’on pourrait passer à des choses plus sérieuses ? ». Je le vois alors s’emparer d’un petit paquet plastifié caché sous sa table de salon. Je comprends alors que ça lui traverse l’esprit depuis plus longtemps que moi et je me réjouis mentalement de la concrétisation prochaine de mon objectif. Nous ouvrons le clic-clac de son petit studio et nous glissons maladroitement sous la couette, le petit sachet plastifié à portée de main. Nos corps se dénudent séparément, rapidement, pudiquement. Se retrouvent chair contre chair, pour la première fois. Mon sexe humide contre son sexe encore mou. Je me rappelle alors la sensation du sexe de mon tennisman sous moi, lors de nos embrassades adolescentes sur la plage. Je me surprends à les comparer immédiatement. Le sexe de mon champion en herbe était dur et vigoureux, bien que je ne l’ai ressenti qu’à travers son short moulant. Celui d’Arnaud directement au contact du mien est petit, rabougri et désespérement mou. Je m’amuse à me frotter contre lui, pour tenter de le ranimer, mais il reste dans son état inerte et l’image d’un spaghetti barilla n°5 trop cuit me vient à l’esprit. Cette comparaison cocasse ne pousse pas à la concentration, mais je continue à m’affairer, conscencieuse et zélée. Le temps passe et nos baisers langoureux commencent à me fatiguer. Je ne comprends pas pourquoi il ne prend pas les choses en main. Il finit par poser sa main sur ma tête et me demander gentiment si je peux l’aider. En même temps, je sens sa main exercer une pression sur ma tête m’intimant fermement d’aller voir en bas ce qui ne va pas. J’ignore alors ce que je dois faire mais je comprends que je dois prendre son sexe dans ma bouche, j’ai déjà vu faire à la télé et je dois avouer que l’idée me répugne. Mais je plonge vaillement entre ses cuisses et enserre son membre endormi entre mes dents. Le contact me glace immédiatement et à peine le mouvement de succion commencé, je perçois un liquide fin s’écouler dans ma bouche. Ce ne sont que les prémisses de son désir mais cela suffit à me dégoûter et je remonte illico en lui disant « C’est dégueulasse ! ». Il insiste, sa main toujours posée sur ma tête. Je rends alors les armes en lui soufflant à l’oreille « Tu sais, c’est la première fois pour moi, je ne l’ai encore jamais fait ». Pas de réponse. J’attends encore. Rien, le silence total, pas le moindre mot à l’évocation de mon inexpérience. Arnaud se retourne sur son clic-clac inconfortable et m’offre son dos en guise de réponse. Je comprends qu’il boude, tel un enfant frustré. Je réalise alors qu’il est aussi inexpérimenté que moi. L’évidence ne me vient qu’un an plus tard avec mon véritable premier amant et amour, dont le sexe averti et usagé est morphologiquement différent de celui d’Arnaud. Je comprends rétrospectivement qu’Arnaud est puceau. Mais à cet instant, je l’ignore. Il est trois heures du matin. Je ramasse mes affaires et rentre chez moi malgré les protestations vives de mon amoureux éconduit pour que je reste dormir chez lui. Je me sens humiliée et une immense honte s’abat sur moi. Nous ne reparlerons jamais de cette soirée."
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Je suis très heureuse de vous accueillir sur mon site et de partager avec vous mon univers. Je vous invite à découvrir
le synopsis de mon premier roman "L'impossible équation". Mes mots-maux vous en diront plus sur ma personnalité et mes petits combats anonymes.